Monday, May 22, 2006

L'approche réaliste de la souveraineté: C'est reparti!






Attristé plus que désespéré. Triste en voyant le mouvement indépendantiste s'auto-lapider sur la place publique. Surtout, de voir que le débat sur la souveraineté a perdu la dernière parcelle de substance qui lui restait. Je m'insurge contre ces querelles publiques portant sur le "J'ai raison plus que toi" et sur "Mes idées sont les meilleurs". Les tenants de l'approche "réaliste" ont raison sur un point: Les souverainistes sont réellement incapables de solidarité. Ayant nagé dans le milieu, je le confirme. Tant d'idéologues, tous ces egos gonflés à bloc, tout ce manque d'humilité. De quoi me faire rougir de honte.

Je reste un souverainiste convaincu. Je ne suis pas Canadiens et le Québec a véritablement tous les attributs d'un pays. Moins assuré, toutefois, que de plus en plus de gens partage mon opinion. Et comment leur en vouloir. Pendant que nous nous divisons publiquement sur les grands débats aussi improductifs et stériles tel que les modalités d'accès à l'indépendance, nous perdons nos militants potentiels. Tous ces jeunes à la recherche d'une cause à porter s'ouvrent au monde et avec raison, refusent de s'aliéner intellectuellement dans un débat sans fin et sans saveur. Dégoûtés par tous ces affrontements fétides, on s'étonne que les jeunes n'ont plus rien à foutre de la souveraineté.

Non seulement nous dégarnissons la cause de ses derniers éléments rassembleurs en ne centrant pas le débat sur avantages indiscutables et effectifs de "naître" politiquement, nous avons acquis au fil du temps une extraordinaire capacité à désavouer les vrais raisons de nos échecs passés. Bien à l'aise autour d'une table à discuter du vote raciste des immigrants aux deux référendums et des manoeuvres sordides du Fédéral à contrer notre projet, les convaincus ont oublié de convaincre. Traitant le moindre élément divergeant de traître à la nation, la cause des insuccès antérieurs est ailleurs. Comme l'autre hôte (hôtesse) de ce Blog l'expliquera plus en profondeur, il est grand temps de comprendre que nous avons notre part de responsabilité dans la cause de notre débâcle chez le vote des communautés culturelles. Qu'a-t-on fait récemment pour les inclure dans ce projet qui peut tout à fait leur aller comme un gant? Nous avons, par l'entremise de notre chef en 1995, blâmé publiquement les "votes ethniques", se vautrant dans les statistiques des pure-laines qui eux, ont vraiment voulu leur pays. Nous leurs rappelons constamment notre frustration à leur égard sans réelle volonté de comprendre pourquoi ils sont si indifférents à notre cause. Nous oublions que, dans bien des cas, les immigrants n'ont pas quitté leur pays d'origine par choix, qu'ils ont souvent dû fuir des conditions atroces et que pour eux, toute révolution politique est un risque immense, voir un non-sens dans un pays comme le Canada qui, aux dernières nouvelles, est leur pays d'accueil (et non pas le Québec).

Me voici donc, encore une fois, au coeur d'un de ces paradoxes qui m'harasse jusqu'au fond des trippes: je fais la promotion (avec passion) d'un projet qui est porté par un mouvement qui va inévitablement se fracasser contre un mur s'il reste sur le chemin de la "séparation" des idées (sans mauvais jeu de mots). Je continue de me battre avec optimisme malgré tout, mais indépendantistes, réveillons-nous! Changeons le discours, allons sur le terrain. Créons des milieux de discussions et de partage d'idées. Orientons-nous autour d'un futur commun, loin de la discordance et des désaccords qui nous divisent. Approchons les communautés culturelles. Expliquons, travaillons ensemble et cessons toutes ces disputes stupides avant de perdre pour de bon le rêve qui nous unit toutes et tous.

Louis Frédéric Prévost

2 Comments:

At 5:54 PM, Anonymous Anonymous said...

À défaut d'éloquence, tiens, comment ça, Québec Solidaire.

 
At 10:50 AM, Anonymous Anonymous said...

Le déchirement perpétuel du mouvement souverainiste n'est pas nouveau,il existait à déjà l'intérieur au RIN et les péquistes n'ont cessé depuis le début de leur histoire de ce quereller sur l'approche d'accesssion à l'indépendance.Cependant doit-on s'en étonner?La moitié de la population québécoise serait souverainiste à différent degré et nous souhaiterions que ses millions de personnes adhèrent à la même idéologie et voit l'accession de leur peuple à l'indépendance de la même façon.Évidemment que les souverainistes sont divisés,comment pourraient-ils ne pas l'être.Les défaites électorales puis référendaires ont inévitablement forcé les indépendantistes à repenser les stratégie qu'ils ont utilisé par le passé.Le PQ en refusant de faire un véritable débat sur le sujet accentut une crise qui grogne depuis toujours chez les péquistes.La faiblesse et le manque de contenu du nouveau chef y sont aussi pour quelques choses.Acquérir l'indépendance d'un pays est un long combat pour tous les peuples qui tentent d'y accéder et le Québec ne fait pas exception.Les écossais sont divisés sur l'éfficacité de leur gouvernement autonome,les basques eux se demande encore si la lutte terroriste est encore la bonne voix à suivre , tandis que les irlandais ont choisi la lutte politique après des années de combat armée.La lutte des peuples inclura toujours des division au sein même de ceux qui tente de se libérer, mais le PQ a le devoir de contenir ses débats et de chercher à les réconcilier se qui demande un leadership fort,ce qui manque cruellement au Québec.Sait-on jamais peut-être que M.Boisclair réussira à faire une bonne synthèse des désir du Québec dans la prochaine plateforme électorale du PQ mais on peut en douter.


Les souverainistes ont aussi beaucoup de tarvail à faire après de trop longue années à attendre l'apparition divine des conditions gagnantes.Ils ont arrêter de développer un discour nouveau sur la souverainté du Québec , délaissant le combat pour le français au profit du déficit zéro,oubliant la social-démocratie pour le néolibéralisme à la Bouchard,avec des projets mobilisateur comme les fusions municipales doit-on s'étonner que les québécois ont cessés d'écouter le discour des souverainistes.

Le mouvement souverainiste souffre d'un mal encore plus dangereux que celui de se division interne sur l'accession à la souverainté.Ce mal s'est la perte total de confiance des québécois face aux partis politiques.Pour accéder à l'indépendance le Québec devra faire confiance à un parti qui prendra le pouvoir et qui tiendra un référemdum.L'inconnu d'une telle démarche demandera des québécois une foi en ce parti, son chef et en lui même ,ce qui n'est pas le cas actuellement.Le PQ doit redonner confiance avant de tenir un prochain référendum en tenant ses promesses à la lettre et en cessant de penser qu'il est le seul porteur du projet de souverainté.
Le désir de tenir un référendum le plus rapidement possible dans ce contexte peut-être une avenue quasi suicidaire.Le parti doit également trouver de nouveaux portes- paroles venant de l'extérieur du milieu politique et qui ont déjà la confiance du public.


Comme disait Boisclair lors de la course à la direction du PQ;On n'est loin de la coupe aux lèvres.


Simon Geraghty

 

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