Les ébats et débats de Cathy et Louis
Bienvenue dans l'univers des ébats et débats de Cathy et Louis. D'entrée de jeu, soyons francs: Nous sommes ici pour débattre, contester, discuter, disputer, parlementer et "chiâler" sur les sujets les plus controversés de notre époque. Vous êtes tous cordialement invités à y ajouter votre grain de sel. Ne vous gênez pas, nous avons le dos large et la réplique facile! Bon débats!
Friday, April 06, 2007
Monday, October 30, 2006

Ce blog ne passera pas par quatre chemins et se veut clairement mortifiant face à un certain type de personne qui croit avoir le monopole de la vérité, surtout lorsque l'enjeux est l'économie. Ceux qui ont vu le déshonorable Joseph Facal aux Francs-Tireurs en septembre comprendront probablement pourquoi la boucane me sort par les deux oreilles.
Je ne suis ni membre ni partisan de Québec Solidaire, malgré certaines affinités idéologiques et pourtant, j'ai le devoir de me porter à leur défense. Justice doit être rendue.
Dans cette merveilleuse émission animée par le très judicieux Richard Martineau, on montre des images du congrès de fondation du QS avec comme trame de fond une musique russe très "communiste", le tout commenté par un Joseph Facal sombrant dans un discours injurieux face à la gauche québécoise qui selon lui, ne se serait pas "renouvelée" depuis les années '60. Si on suit son raisonnement, des principes comme une meilleure distribution de la richesse, une fiscalité plus progressive ou l'égalité entre les hommes et les femmes seraient tous des principes d'extrême gauche, sans valeur ni fondement. Permettez-moi de m'insurger.
Facal, comme beaucoup d'économistes, se targue d'être disciple d'une science réelle et rigoureuse principalement caractérisée par sa rationalité, qualité bien évidemment absente de tout cerveau moindrement gauchiste. Eux seuls savent concevoir ce qui est bon pour l'économie. Tel un prophète qui montre du doigt le chemin à prendre, l'économiste connaît la vérité. Remettons les pendules à l'heure...
La science économique est tout sauf une science, tout sauf rationnelle. Le petit robert définit le mot "science" comme étant une "connaissance exacte et approfondie (...) fondée sur des relations objectives vérifiables". L'économie ne peut être qualifiée ni d'exacte, ni d'objective. Lorsque l'on entre dans le domaine des transactions boursières et de la spéculation, on en entre également dans le monde de la psychologie, du jeu et du hasard mais surtout, dans le domaine des valeurs. Or les valeurs varient selon les endroits et les classes sociales. La notion même de valeur fluctue d'un individu à l'autre, ce qui enlève toute notion d'objectivité à la science économique, qui devient dès lors un opinion, une conception individuelle de l'esprit.
Québec solidaire, en revendiquant plus d'équité dans les rapports économiques qui nous régissent, ne s'apparente pas, comme le soutient Facal, à l'extrême gauche. Son propos dénote non seulement une lacune énorme face aux idées politiques, mais également un manque de cohérence et un esprit conditionné par une conception unitaire de l'économie. QS ne propose pas un retour au communisme soviétique ni au modèle castriste d'aujourd'hui, mais s'inscrit plutôt dans un vaste mouvement planétaire exigeant plus solidarité et de justice sociale. On reproche également à QS de manquer de maturité, mais le parti à moins d'un an d'existence et continuera à mûrir.
Bref, le regard biaisé de la droite québécoise à sa gauche dénote à la fois du mépris, de l'incompréhension et une bonne dose d'absurdité. Mais le plus désolant dans l'histoire, c'est qu'on continue d'avoir cette perception que seul les gens qui ont des valeurs plus individualistes savent comment articuler une politique économique efficace et concurrentielle. Or, les principes d'une économie plus sociale, plus humaine sont loin d'être incompatible avec le mot prospérité, bien au contraire. Bien que je me définisse plus "de gauche" sur l'échiquier politique, je refuse d'être étiqueter comme tel car cette position traîne avec elle bon nombre de stéréotype auquel je n'adhère pas. Un peu comme si nous étions tous des socialistes, voir des communistes qui voudraient voir les mots "propriété privée", "libre entreprise" et "richesse" rayés de notre vocabulaire.
Solidarité, équité, égalité et coopération ne sont pas des concepts "de gauche". Ils relèvent bien davantage de la notion d'humanisme. Une notion que les Facal de ce monde devraient s'inspirer...
Monday, October 23, 2006
Cette émission est devenue mon remède à ma crise d'identité!
L'émission "Pure laine" raconte l'histoire d'une famille québécoise: Didier, le papa d'origine haïtienne; Macha, la maman des Îles-de-la-Madelaine; et de Ming, la petite fille adoptive de Macha et Didier.
Autour de cette famille typique Montréalaise se développe les débats sur l'identité québécoise et le multiculturalisme au Québec.
Un sujet chaud et risqué? L'émission jongle avec ces thèmes avec humour et citoyenneté!
« Je ne vois pas comment notre famille pourrait être plus authentiquement québécoise. Elle est blanche, jaune et brune - comme un pâté chinois,» dit Didier.
Dans la première scène, Ming essaie d'utiliser des baguettes chinoises et elle n'arrive pas. Lorsqu'elle finit par céder, elle lance les baguettes chinoises sur la table et lâche un gros "Chuis pas capable, cââlliss!" Aussi, elle demande a ses parents: "Est-ce que je suis une Québécoise ou une Chinoise?"
Didier est un professeur dans une école secondaire publique qui tente de s'internationaliser. Il est professeur d'histoire et il enseigne l'histoire du Québec et du Canada! Imaginez la manière dont les élèves ont réagit!
Dans son école, la directrice se dit très accomodantes et respectueuses des cultures et minorités, donc, elle accepte que des élèves rentrent dans sa classe avec un kirpan....et avec la tête voilée. Didier décide alors d'enseigner un cours d'histoire avec une machette attachée à sa ceinture!
Cette "comédie de réfléxion" sur le néo-Québec d'aujourd'hui joue donc sur les préjugés et les stéréotypes que nous (les Québécois/es) faisons parfois trop rapidement sur l'autre (les immigrant/es et néo-québécois). Les différents thèmes passent du multiculturalisme, au féminisme, à l'homosexualité! Il y en a pour tous les goûts!
À suivre sur les Chaînes de Télé-Québec
Thursday, October 12, 2006
Un tabou qu'on ne pourra plus éviter très longtemps

Ce concept m'a été transmis par Robert Jasmin, président d'Attac-Québec, lors d'une conférence sur les droits humains. À première vue, il peut paraître farfelu mais en creusant un peu, on réalise vite à quel point la décroissance économique mondiale sera incontournable.
Selon les plus optimistes, si les pays en voie de développement suivent le modèle de développement occidental (et c'est ce qu'ils font) et s'industrialise à "notre façon", il faudrait un minimum de 5 planètes Terres ainsi que toutes les ressources qui viennent avec pour suffire à la demande. Inévitablement, nous devrons intégrer le concept de décroissance énonomique dans notre façon de voir l'économie. Les ressources finiront par manquer et le jeu de la croissance à tout prix devra prendre fin.
Non, ce ne sera pas la fin de l'évolution. Au contraire, en adoptant un tel principe, l'humanité empruntera le chemin du vrai développement, celui qu'on ose qualifier aujourd'hui de "durable". De toute façon, ce ne sera pas un choix, mais une obligation dictée par mère nature elle-même. La diminution de la consommation n'est pas tributaire d'une baisse de la qualité de vie et il sera bientôt temps de détruire les attentes positives qui accompagent généralement les mots "croissance économique".
À bien y penser...
Sunday, October 01, 2006

Patrons, banquiers, investisseurs, promoteurs, ministres, cette semaine, vous avez enfin saisi l'ampleur de votre incompétence.
Comme exemple, vous prenez le Suroît, le Casino, le pont de Laval, le Mont-Orford. Autant de projet qui ont avorter parce que les barbus n'étaient pas contents, parce que le Québec est frileux, parce que les Québécois sont nés pour un petit pain. Plus rien ne se fait au Québec, n'est-pas Lucien?
Votre larmoiement n'est pas qu'une émotion d'impuissance, il porte le poids de votre nullité. Si vos supposés projets de grandeur ne sont pas réalité aujourd'hui, ce n'est ni à cause de groupuscules environnementalistes, ni à cause du "lobby des pauvres", mais bien en raison de votre totale incapacité à défendre vos projets. Vous avez perdu tous vos débats parce que vous étiez tout simplement à court d'arguments pour justifier vos idées.
Comment expliquer aux Québécois qu'au royaume de l'hydroélectricité, il faut une centrale au gaz?
Comment justifiez le déménagement du Casino si en plus, il faut le construire avec un gigantesque centre de foires payé avec les fonds publics dont la rentabilité n'a jamais été démontrée?
Pourquoi privatiser une partie protégée du territoire québécois?
Pourquoi construire un pont entre Laval et Montréal lorsque la métropole souffre d'un grave problème de circulation en plus d'avoir un transport en commun tantôt vétuste, tantôt inefficace?
La population du Québec n'est pas contre le développement économique. Au contraire, elle n'attend que ça. Mais la moindre des choses est de lui proposer des projets réalistes qui répondent à ses valeurs et à ses attentes. Il est possible de créer de l'emploi et générer de la richesse sans affecter dramatiquement notre environnement. Il suffit simplement de monter aux barricades avec un projet solide et d'avoir des gens qui savent argumenter, débattre et convaincre.
Je crois que lorsqu'ils le veulent, les Québécois sont capables d'une extraordinaire solidarité et ce, autant au niveau social qu'économique. La jeune génération est consciente des défis qui l’attendent et est prête à mettre la main à la pâte. Et pour bâtir les projets de demain, il nous faudra beaucoup d’énergie, mais surtout une élite économique compétente, convaincante et convaincue!
Louis
Saturday, August 26, 2006
Saturday, June 03, 2006
Déjà 17 ans...et la population chinoise est toujours enfouit dans le silence. Les oppositions politiques sont encore torturés, excecutés. La liberté de religion n'est pas respecté. Des pratiquants religieux sont détenus et condamnés à mort. La liberté de presse est inexistante. La censure est encore omniprésente. Des nouvelles lois furent adoptés pour contrôler l'accès à Internet.Aujourd'hui, des dizaines de millers de personnes sont encore détenues ou emprisonnées de manière arbitraire dans tout le pays, pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression, d'association ou de croyance.
Le nombre de morts, suite aux évènements terribles du 4 juin, varie selon les sources: 23 (selon le Parti communiste chinois), 400-800 (C.I.A.), 2600 (la Croix Rouge Chinoise). On estime donc entre 7000 à 10 000 morts suite aux attaques du gouvernement chinois.
Agissez!
http://www.amnistie.qc.ca/
Cathy
Thursday, June 01, 2006

Cette guerre que nous menons en Afghanistan, nous ne pouvons la gagner. En fait, nous l'avons déjà irrémédiablement perdue. Peut-être avons nous mis hors d'état de nuire quelques extrémistes locaux, mais la gifle que nous imposons encore une fois un monde arabe risque de revenir à la vitesse du boomerang. Encore quelques humiliations du genre et le fossé que nous aurons creuser entre nos deux mondes deviendra infranchissable. C'est cette humiliation, cette honte qui gruge toute parcelle de vie qui est le véritable terreau de la misère, du terrorisme. En refusant tout dialogue avec l'inconnu qui fait peur, nous créons à chaque jour une nouvelle motivation à l'embrigadement, à l'islam radical, celui qui réconforte lorsque le "méchant américain" vient de détruire l'oeuvre d'une vie.
Autre bonne nouvelle: Selon le lieutenant-général d'Armée Canadienne responsable du Commandement de la Force expéditionnaire du Canada à Ottawa, les soldats n'auraient pas à appliquer la convention de Genève aux Talibants, membres d'Al-Qaeda ou tout prisonnier fait par les soldats parce que le conflit n'est pas "entre deux pays". Un Patriot Act avec ça? Un coup parti, pourquoi ne pas torturer nos prisonniers pour savoir où se cache Ben Laden? Nous aurions un beau cadeau à offrir à George Bush pour son anniversaire de mi-mandat.
Elle commence à être lointaine, cette époque où le Canada était mondialement reconnu pour son pacifisme radical et pour l'implication de ces casques bleus dans de nombreuses missions de paix. Nous avons choisi, avec l'aide de M. Harper, la voie de l'offensive, la voie de la Guerre. Comment s'étonner si le Canada voir un jour la face du terrorisme?
J'ai honte d'être Canadien. J'ai hâte au jour où je ne le serai plus...
Louis Frédéric Prévost
Wednesday, May 31, 2006

POUR L'ENVIRONNEMENT
La décision est prise, Ottawa a la ferme conviction de ne plus verser les 328 millions que le gouvernement fédéral libéral avait promis au Québec pour l'environnement. Les Québécois/es peuvent dire Bye Bye! à la lutte pour réduire les gaz à effet de serre de concert avec la communauté international à travers le Protocole de Kyoto. Plutôt, le gouvernement Harper préfère favoriser un "plan national" au Protocole de Kyoto pour lutter contre les changements climatiques. La mobilisation de la planète entière contre les CC n'est pas assez pour Harper, il veut les États-Unis, la Chine et l'Inde à ses côté. Où est rendu notre sens de l'initiative?
Un plan national... Comment alors lutter contre les changements climatiques selon les besoin de chaque province lorsque le plan est d'envergure fédéral, par contre, la responabilité tombe aux provinces d'appliquer le fameux "plan national"?
Voici la réponse de notre cher PM conservateur:
«Ce gouvernement encourage les discussions entre le fédéral et les provinces sur les changements climatiques et les programmes qui peuvent améliorer cette situation. Or, si un gouvernement provincial veut prendre certaines décisions, ses propres décisions, dans ses propres champs de compétence, il peut aussi utiliser son propre argent»
Quelle belle manière de décourager une province à lutter contre les changements climatiques lorqu'elle possède déjà la motivation de le faire.

Gilles Duceppe s'insurge: "Ce qu'il (Stephan Harper) est en train de dire aux provinces, c'est : "on va agir comme on veut et vous, qui avez les principales responsabilités d'atteindre ces objectifs, eh bien, vous n'aurez pas l'argent nécessaire". On vient dans les faits de nier le déséquilibre fiscal parce que les responsabilités reviennent avant tout aux provinces.»
Quelle naÏveté que de croire que le Canada est aux premiers rangs des luttes contres les changements climatiques. Quelle deception de voir qu'Ottawa est incapable de prendre des décisions indépendamment des autres, tels que les États-Unis, la Chine et l'Inde.
Il est peut-être réellement temps pour le Québec de se doter d'une indépendance financière. Ou plutôt d'une indépendance tout court.
Cathy
Tuesday, May 30, 2006

BYE BYE BOUCANE!
Combien de fois ai-je eu besoin de quitter un bar plus tôt car j’étais littéralement asphyxiée par la présence de boucane autour de moi? Finalement, ce moment tant attendu est arrivé. À partir de demain, grâce au projet de loi 122 du Ministre Couillard, modifiant la loi anti-tabac, nous pourrons savourer nos aliments au restaurant sans qu’ils soient empestés d’odeur de cigarettes, nous pourrons sortir des bars à 3AM en ayant toujours l’odeur de notre shampoing aux concombres dans nos cheveux. Enfin, je n’aurai plus les yeux rouges et la voix roque à la fin d’une fête dans un club. Joie. Il était temps. Je pourrai finalement aller dans un bar en mettant des belles fringues et savoir qu’elles ne dégageront pas l'odeur du fond de ma toilette à la sortie. Je marcherai autour des écoles secondaires et je ne verrai plus de jeunes se partager une smoke sur les terrains de l’école. Lorque je prendrai le taxi, je n’aurai plus à demander au chauffeur d’éteindre sa cigarette car elle me donne la nausée. Surtout, nous ne serons plus empoisonnés pas la cigarette et les habitudes des autres. À bas la fumée secondaire! Un pas vers la santé publique!
J’aimerai partager avec vous un bref paragraphe que j’ai lu dans le journal « La Grande Époque » qui commentait l’évolution à long terme des lois anti-tabac au Canada. La ville de Victoria (en Colombie-Britannique) fut la première ville à instaurer une loi anti-tabac dans les bars et restaurant et : « Dr Stanwyck mentionne qu’un propriétaire de bar à Victoria, le plus hostile à la mise en application du règlement anti-tabac, avoue maintenant que, contrairement à ce à quoi il s’attendait, ses affaires se sont améliorées parce que plus de non-fumeurs sont devenus des clients réguliers et il a remarqué un changement positif dans l’ambiance générale de son bar. Dr Stanwyck affirme qu’un sondage récent de Ipsos-Reid a révélé que le règlement allait chercher la faveur de 90 % des résidents de Victoria, comparativement à 63 % en 1996. »
Combien de fois avons-nous entendu : la cigarette fait aujourd’hui partie de notre mode de vie; fumer est une liberté d’expression; la cigarette représente une partie de notre culture. Ce sont des arguments qui sortent souvent de la bouche des fumeurs (accompagné d’un peu de boucane). Par contre, il est clair que le temps règlera les conflits. Dans 20 ans, nous ne nous poserons même plus la question à savoir si nous pouvons fumer ou non dans un restaurant. Nous éclaterons de rire lorsque nous penserons aux années ou la cigarette était encore permise dans les lieux publics. De la préhistoire!
Cathy
Tuesday, May 23, 2006



En tant que Québécoise d’origine chinoise, je ressens le devoir de vous partager une réalité immigrante que beaucoup (surtout les québécois) ont tendance à ne pas voir.
Pourquoi les asiatiques ont-ils tant de résistance à s’engager socialement et politiquement? Que dire alors des enfants des immigrants? Leur en donne-t-on les moyens? Est-ce que l’école favorise l’engagement des jeunes provenant de milieux culturels? Comment obtenir un discours intergénérationnel?
Avant tout, portons un regard plus large sur l’immigration asiatique : Selon Statistiques Canada, la République populaire de Chine, l’Inde, les Philippines, Hong Kong, le Sri Lanka, le Pakistan, Taïwan et le Viet Nam représentaient à eux seuls plus de 40% de tous les immigrants qui sont arrivés au Canada au cours des dix dernières années. Ainsi, le groupe minoritaire visible le plus important était celui des Chinois. Au Québec, nous comptons plus de 110 000 asiatiques, la majorité se réfugiant à Montréal.
Ma famille a fuit la guerre du Viet Nam à la fin des années 1970 pour se réfugier au Canada. En fait, le Canada a admis près de 70 000 réfugiés, comme ma famille, fuyant l’oppression du gouvernement communiste vietnamien.
L’intégration (ou la ghettoïsation) des asiatiques au Canada, au Québec:
Comment expliquer la résistance des jeunes des communautés asiatiques à s’engager socialement et politiquement, tout en prenant en considération que ces enfants de la deuxième génération sont nés au Québec et représentent les enfants de la Loi 101? Pourquoi une quasi-absence d’asiatiques sur la scène politique, publique, artistique?
Une getthoïsation physique et institutionnelle
Un Chinois peut vivre au Québec/Montréal tout en limitant au strict minimum le contact avec la population québécoise. Le phénomène le plus populaire est celui des Cartiers Chinois, où l’on permet à des Chinois de se rassembler entre eux. Toutefois, les Cartiers Chinois ne sont que l’exemple d’une ghettoïsation institutionnelle la plus visible. Il est aussi important de mentionner l’instauration des hôpitaux chinois, marchés chinois, restaurants chinois et lieux de rencontres chinois (gym, association, lieu pour jouer au Mah-Jong, etc.). De plus, la majorité des familles chinoises regardent la télévision en chinois à la maison. Nous avons nos nouvelles, nos soap operas, nos talk shows, notre aérobie du matin tout en chinois à la maison...en d’autres mots, nous avons facilement accès (musique et film), alors pourquoi aller voir ailleurs?
Cette ghettoïsation physique et institutionnelle engendre 2 énormes conséquences :
1) La non nécessité de s’impliquer au sein de la société québécoise pour se faire « accepter » : Pourquoi faire de la politique ou de l’implication communtaire lorsque notre intégration est déjà assurée au sein de la société québécoise? Nous arrivons au Québec et quasiment tous nos besoins fondamentaux sont pris en compte...en chinois!
2) La création des «ghettos » ethniques et raciaux dans les écoles : Naturellement, la ghettoïsation institutionnelle, tel le Cartier Chinois, montre aux enfants chinois à quel point ils sont différents des autres. En effet, combien de fois ai-je entendu ces mots sortir de la bouche des Chinois : « Ne fréquente pas les Québécois. Nous ne mangeons pas comme eux, nous ne fêtons pas comme eux, nous ne parlons pas la même langue, nous n’avons pas les mêmes philosophies de vie. Un jour ou l’autre, votre relation se brisera à cause de ces différences. »
Le rôle des parents
La ghettoïsation institutionnelle et physique des communautés culturelles permet aux parents d’élever leurs enfants dans un monde excluant la culture québécoise et enfermant seulement leur propre culture. Tentons de les comprendre : ces derniers ont quitté leur pays par force et n’ont jamais désiré d’enfants québécois aux yeux bridés. Ils veulent des enfants chinois aux yeux bridés. Point à la ligne.
Evidemment, les parents jouent un énorme rôle dans la création du désir de ghettoïsation chez les enfants. Plutôt, les parents jouent le rôle principal.
Premièrement, les parents chinois encouragent la fréquentation asiatique, i.e., décourage la fréquentation non-asiatique. Par exemple, la majorité des parents asiatiques veulent que leurs enfants se marient avec d’autres asiatiques (sinon, attention, le chum québécois risque de s’essouffler avant de se faire entièrement accepter au sein de la famille, à pied égal à un asiatique, ce qui veut dire, comme un des leurs).
Deuxièmement, les parents font la promotion des valeurs asiatiques au détriment des valeurs occidentales. Ils inculquent à leurs enfants des valeurs asiatiques : de responsabilité, performances, de disciplines et d’études. Surtout, leur vision de la politique se réduit à ceci :
1) Il ne faut pas remettre en question l’autorité
2) La politique, c’est corrompu, trop compliqué, pas en chinois
3) Ma contribution politique se résume à mon emploi et aux $%!@# taxes que je paye à chaque jour
4) Au lieu de t’impliquer en politique, va donc étudier!
La langue
Il est incroyable de lire sur le site de Statistiques Canada que « les immigrants nés en République populaire de Chine étaient les plus susceptibles de déclarer parler une langue non officielle à la maison (88%) et de ne pas être en mesure de soutenir une conversation dans une langue officielle (29%)!
Répétons-le, ça vaut la peine : plus de 25% des Chinois ne sont pas en mesure de soutenir une conversation dans une langue officielle au Québec. Voilà la preuve que la ghettoïsation physique et institutionnelle leur a beaucoup bénéficié!
La langue constitue une grande, sinon la plus grande, barrière à l’intégration des Chinois au Québec. À titre d’exemple, mes grands-parents vivent au Québec depuis 1978 et ne parlent pas le français.
De plus, à la maison, les parents de communautés culturelles obligent leurs enfants à parler leur langue d'origine à la maison, ce qui crée davantage une division entre la vie de l’enfant à l’école et à la maison.
Un fossé gigantesque entre la culture chinoise et la culture québécoise
Ce texte s'intitule "Ode à la Banane" car une Banane est jaune de l’extérieur, mais blanche de l’intérieure, comme plusieurs asiatiques nés au Québec. Nous sommes ni à 100% Chinois car nous ne connaissons pas notre histoire et notre culture, plutôt, nous ne savons que parler et manger chinois; ni à 100% Québécois car nous avons que peu de contact avec cette culture et ses coutumes. Ce duel identitaire devient souvent frustrant, surtout lorsque nous (les asiatiques) sommes constamment plongés dans des stéréotypes : nous sommes des asiatiques ratés et des « chok sing » pour les Chinois; pour les Québécois, nous sommes des immigrants chinois, « l’autre », les êtres aux yeux bridés, les Jacky Chan et compagnie. Nous avons une jambe dans la culture québécoise et l’autre dans la culture chinoise. Accepter de devenir plus québécois afin de mieux s’intégrer équivaut à mettre un X de plus sur la culture chinoise. Et souvent, ce X représente un sacrifice, voir même un conflit interminable au sein de notre famille. Est-ce que les enfants d’immigrants sont prêts à vivre ces sacrifices et ces conflits? Souvent, nous préférons choisir la voie la plus facile : celle du conformisme.
Comment concilier deux cultures opposées au sein d’un même corps? Comment concilier une culture revendicatrice à une culture conformiste? Une culture qui privilège le sens critique à une culture dont l’enseignement interdit de remettre en question l’autorité? Une culture qui prône la liberté, la politique et le dynamisme à une culture qui se base sur la discipline, l’indifférence politique?
Piste de solutions
Les pistes de solutions que j'aimerai proposer portent avant tout sur un changement de nos mentalités...et Dieu sait que ça peut prendre beaucoup de temps!
D’un côté, il est clair que les immigrants doivent encore faire un énorme pas pour assurer une meilleure intégration au sein de la société québécoise, surtout pour que leurs enfants et leurs petits-enfants puissent bénéficier d’un mode de vie qui ne résume pas à l’exclusion...et pour cela, j'ai confiance aux générations futures d'assurer une meilleure intégration à la société québécoise. Par contre, de l’autre côté de la médaille, il est aussi temps que les Québécois cessent de voir les immigrants comme « les autres » et commencent à les voir comme des Québécois comme eux. Il est temps de cesser la division « immigrant » et « québécois de souche » pour enfin comprendre que les immigrants font partie du Québec, tout autant que les Québécois. Tentons de créer une culture québécoise qui rassemble les immigrants plutôt que de les séparer à la culture d’ici. Combien de fois avons-nous entendu dire lors des concerts et des discours « Il y a-t-il des Québécois de souche ici? »? Et à travers ces mots, vous voulez que les immigrants se sentent intégrés?
Cathy Wong
Suite aux pistes de solutions proposées ci-haut, j'aimerais vous faire part d'une idée que l'on pourrait intégrer dans le processus d'intégration. Cette pensée m'est venue lors d'une table ronde auquel j'ai participé sur le dialogue interculturel organisé par l'O.N.G Alternatives il y a quelques semaines. C'est l'intervention d'un Chiliens ayant immigré avec sa famille lorsqu'il était en très jeune âge qui a fait germer en moi une idée. Je m'explique.
Ce Chiliens, bien qu'arrivé au Québec avant l'âge de 10 ans, disait ne pas se sentir Québécois, ni Chiliens. Il a inventé le terme "Chiléquois" pour définir son identité. Malgré cette "superposition" des cultures, je le trouvais magnifiquement adapté à la culture d'ici: français impeccable, confiance en lui, connaissance du Québec, etc. C'est à ce moment qu'il a dit: "La meilleure chose que mes parents ont jamais fait pour moi, c'est de déménager à St-Hubert dans une petite rue où il n'y avait que des Québécois". Pour lui, l'intégration n'a pas été un choix, mais une nécessité, une obligation. Pourquoi ne pas prendre cette situation comme modèle à appliquer en immigration? Si les nouveaux arrivants étaient encouragés à se disperser un peu partout dans le Québec des régions, il n'aurait tout simplement pas la possibilité de se getthoiser entre eux et donc, de se replier sur eux-mêmes et sur la culture locale. Certes, le choc lors de l'arrivée serait plus intense, mais à long terme, ils ne peuvent être que gagnants.
Bref, sans obliger les immigrants à se localiser en région, nous pourrions leur offrir des conditions extrêmement avantageuses, que ce soit des logements décents et à prix modique à Baie-Comeau, des bourses d'études à Chicoutimi ou des emplois à Rouyn-Noranda. Ainsi, par la dipersion, nous faciliterions l'intégration.
Louis Frédéric Prévost
Monday, May 22, 2006

Je reste un souverainiste convaincu. Je ne suis pas Canadiens et le Québec a véritablement tous les attributs d'un pays. Moins assuré, toutefois, que de plus en plus de gens partage mon opinion. Et comment leur en vouloir. Pendant que nous nous divisons publiquement sur les grands débats aussi improductifs et stériles tel que les modalités d'accès à l'indépendance, nous perdons nos militants potentiels. Tous ces jeunes à la recherche d'une cause à porter s'ouvrent au monde et avec raison, refusent de s'aliéner intellectuellement dans un débat sans fin et sans saveur. Dégoûtés par tous ces affrontements fétides, on s'étonne que les jeunes n'ont plus rien à foutre de la souveraineté.
Non seulement nous dégarnissons la cause de ses derniers éléments rassembleurs en ne centrant pas le débat sur avantages indiscutables et effectifs de "naître" politiquement, nous avons acquis au fil du temps une extraordinaire capacité à désavouer les vrais raisons de nos échecs passés. Bien à l'aise autour d'une table à discuter du vote raciste des immigrants aux deux référendums et des manoeuvres sordides du Fédéral à contrer notre projet, les convaincus ont oublié de convaincre. Traitant le moindre élément divergeant de traître à la nation, la cause des insuccès antérieurs est ailleurs. Comme l'autre hôte (hôtesse) de ce Blog l'expliquera plus en profondeur, il est grand temps de comprendre que nous avons notre part de responsabilité dans la cause de notre débâcle chez le vote des communautés culturelles. Qu'a-t-on fait récemment pour les inclure dans ce projet qui peut tout à fait leur aller comme un gant? Nous avons, par l'entremise de notre chef en 1995, blâmé publiquement les "votes ethniques", se vautrant dans les statistiques des pure-laines qui eux, ont vraiment voulu leur pays. Nous leurs rappelons constamment notre frustration à leur égard sans réelle volonté de comprendre pourquoi ils sont si indifférents à notre cause. Nous oublions que, dans bien des cas, les immigrants n'ont pas quitté leur pays d'origine par choix, qu'ils ont souvent dû fuir des conditions atroces et que pour eux, toute révolution politique est un risque immense, voir un non-sens dans un pays comme le Canada qui, aux dernières nouvelles, est leur pays d'accueil (et non pas le Québec).
Me voici donc, encore une fois, au coeur d'un de ces paradoxes qui m'harasse jusqu'au fond des trippes: je fais la promotion (avec passion) d'un projet qui est porté par un mouvement qui va inévitablement se fracasser contre un mur s'il reste sur le chemin de la "séparation" des idées (sans mauvais jeu de mots). Je continue de me battre avec optimisme malgré tout, mais indépendantistes, réveillons-nous! Changeons le discours, allons sur le terrain. Créons des milieux de discussions et de partage d'idées. Orientons-nous autour d'un futur commun, loin de la discordance et des désaccords qui nous divisent. Approchons les communautés culturelles. Expliquons, travaillons ensemble et cessons toutes ces disputes stupides avant de perdre pour de bon le rêve qui nous unit toutes et tous.
Louis Frédéric Prévost
Sunday, May 21, 2006
L’obligation de la laïcisation
Les détracteurs de la laïcisation de l’espace public québécois se trompent en avançant que cette obligation est discriminatoire et contraire à la liberté de religion enchâssée dans notre constitution et ce pour deux raisons fondamentales. Premièrement, la laïcisation n’est pas « anti-religieuse » en ce sens qu’elle sert à harmoniser la multitude de croyances que l’on retrouve parmi les membres des communautés culturelles. Comme il est évidemment impossible de permettre toutes les pratiques religieuses dans tous les espaces publics, le principe de confiner la religion à la maison ou dans les endroits appropriés est un gage de tolérance et de respect pour les citoyens d’ici. Deuxièmement, le fait « d’accommoder » une religion discrimine nécessairement une autre religion « non accommodée » qui demandera à son tour d’autres compromis. Et personnellement, en tant qu’Athée, je pourrais aussi clamer que tous ces accommodements vont à l’encontre de mes valeurs de laïcité et de non confessionnalité de l’espace public. La laïcisation n’est donc pas un choix, mais une obligation dans une société aussi pluraliste que la nôtre. Obligation de respect pour tous ceux et celles qui croient que la religion n’est pas d’ordre public, et obligations sociétales d’orchestrer les multiples croyances religieuses dans un esprit de tolérance et de cohésion.
Réussir l’intégration
Suivant la logique laïque de l’espace public québécois, jusqu’où devons nous imposer nos valeurs aux nouveaux arrivants? Nul doute qu’il y a un prix culturel à payer en venant s’installer au Québec. L’immigrant qui choisit le Québec comme terre d’accueil doit immanquablement renoncer à certains principes et habitudes qui viennent en contradiction avec nos mœurs locales. Par exemple, il serait intolérable qu’au nom de la liberté de religion, de nouveaux arrivants rejettent du revers de la main les fondements même la société que nous avons bâtie, surtout ceux qui mettent de l’avant les libertés individuelles et l’égalité entre tous. Pour que l’intégration soit réussie, l’immigrant doit donc renoncer à une partie de sa culture d’origine et ce n’est pas en poussant la logique du multiculturalisme à l’extrême (l’Ontario a presque permis la charia) et en accommodant les nouveaux arrivants de toutes les façons possibles que nous allons faciliter leur intégration. Au contraire, c’est en encadrant et - n’ayons pas peur du mot – en restreignant certaines pratiques qu’à long terme, les immigrants finiront par se sentir aussi Québécois que ceux dits « de souche ».
Prendre le contrôle
La société doit donc prendre tous les moyens pour résister aux accommodements « raisonnables » qui remettent en cause nos valeurs les plus fondamentales. Malheureusement, le peuple est bâillonné dans ce débat. Il appartient plutôt aux tribunaux d’interpréter les demandes d’accommodement au cas par cas et plus souvent qu’autrement, en raison des principes de nos chartes, ils vont se soumettre aux demandes des groupes minoritaires, demandes qui, soit dit en passant, proviennent presque exclusivement des factions les plus radicales de ces groupes. Le peuple, par l’entremise de ses institutions parlementaires, doit donc modifier sa charte en tempérant le principe de la liberté de religion et doit, si cela est nécessaire, incorporer et encadrer le principe de l’accommodement raisonnable dans sa constitution. Ainsi, nous pourrons vivre dans un monde pluraliste, respectueux des différences et qui acceptent la diversité tout en intégrant, surtout à l’école, les immigrants et enfants d’immigrants de façon à ce qu’il comprenne qu’au Québec, la religion droit rester une affaire d’ordre privée. Au risque de paraître alarmiste, nous devons agir rapidement avant que notre mollesse finisse par avoir raison des assisses qui font qu’il est bon vivre au Québec.
Louis Frédéric Prévost
Saturday, May 20, 2006

Le Québec: Importateur d'énergie?
Combien de fois avons-nous entendu la justification de construction de nouveaux barrages dans le nord du Québec par le besoin incessant d'Hydro-Québec d'importer de l'électricité pour subvenir aux besoins énergétiques des Québécois? Comme l'a dit M. Blain, le Québec a dû importer de l'électricité qu'une seule fois dans toute son histoire lors de l'été 2003-2004 pour contrer un risque de rupture de stock. Or, cette année-là, suite à un été très sec et un hiver extrêmement rigoureux, le niveau de l'eau des barrages n'avait jamais été aussi bas et Hydro-Québec n'a pas eu le choix d'acheter de l'énergie dispendieuse pour être certaine d'avoir la capacité de fournir ses clients. Cependant, le cause d'une éventuelle pénurie n'était pas le manque de puissance totale des barrages, mais bien le niveau d'eau dans ses réservoirs. C'est donc le manque de diversité dans le mode de production énergétique au Québec qui fut le réel problème et non le manque d'infrastructures hydro-électriques. D'ici 2009, Hydro-Québec pourra bénéficier d'une marge de manoeuvre énergétique de 20 Tw/H par rapport à la demande québécoise et ce, seulement avec les projets énergétiques déjà autorisés. Prenez-en bonne note: Le Québec n'a pas à importer de l'électricité.
Les tarifs d'électricité sont subventionnés
Hydro-Québec nous vendrait-elle son électricité à perte? Payons-nous un prix qui n'évoque pas celui du marché? Devons-nous, comme nous l'entendons souvent, augmenter les tarifs pour mieux refléter le coût réel de l'électricité? Deux raisons font en sorte que nous devons répondre non à ces questions mais d'abord, examinons de plus près les obligations d'Hydro-Québec face à ses clients locaux. En territoire québécois, la division production d'Hydro-Québec qui dispose d'une capacité de production d'environ 197 Tw/h n'a qu'une obligation de fournir de seulement 178 Tw/h à l'égard des obligations monopolistiques de sa division Distribution par rapport à une demande annuelle de 185 Tw/h. C'est donc dire qu'environ 19 Tw/h sont "libérés" de tout obligation à l'égard de ses clients québécois et mis en disponibilité pour revente à la discrétion de ses actionnaires dans les marchés de son choix. Pour palier au 7 Tw/h manquant (malgré sa capacité à les fournir), Hydro-Québec procède à des appels d'offre et doit acheter son électricité jusqu'à 8.8 sous le Kw/h (comparativement à son propre coût moyen de production avoisinant les 1.9sous le Kw/h). Cet achat à coût élevé est souvent utilisé comme argument pour la construction de nouvelles centrales, mais on oublie souvent de dire que cet achat n'est pas nécessaire.
Conséquemment à cela, le Québec a hérité de faibles tarifs d'électricité et ce pour 2 raisons. Premièrement, nous avons choisi il y a quelques décennies d'investir dans l'hydro-électricité plutôt que dans d'autres sources d'énergie, ce qui a nécessité d'énormes investissement au départ. Aujourd'hui, les coûts ont presque tous été amortis, les barrages peuvent tenir encore très longtemps et leur coût d'exploitation régresse année après année. Il est donc approprié de dire que les revenus d'Hydro-Québec sont croissants tandis que ses coûts décroissent. Ensuite, on s'empresse de nous rapeller à quel point nous sommes gâtés de bénéficier d'un gel des tarifs ou d'augmentations minimes. La véritable aubaine serait plutôt une baisse des tarifs plutôt que leur maintien! Deuxièmement, nous avons fait le choix collectif de nationaliser l'électricité, ce qui évidemment nous donne la chance d'avoir des tarifs avantageux. D'autant plus que c'est notre argent qui a servi à la conception d'Hydro-Québec. Nous pouvons bien, en tant que propriétaire et parce que nous avons fait de bons choix par le passé, bénéficier d'une facturation faible et adéquate. Et il ne faudrait pas oublier que malgré les tarifs les plus bas au monde, Hydro-Québec réussit tout de même à générer des profits de milliards de dollars à chaque année. C'est un pensez-y bien!
Le Québec a un potentiel illimité
Je me rappelle entendre l'ex Premier Ministre du Québec, Bernard Landry, mentionner que le Québec devrait faire d'Hydro-Québec une "machine à imprimer de l'argent". Après tout, l'immensité de notre territoire ne nous permet-elle pas de construire des dizaines d'autres centrales et ainsi exporter notre énergie propre aux américains et ainsi sauver la planète des ravages de la pollution atmosphérique due à la production d'énergie? Il n'en est rien. Premièrement, l'Hydro-électricité, malgré sa bonne réputation, n'est pas une énergie si "verte" que l'on croit. La construction d'une centrale s'accompagne de déversement de mercure dans les terres inondées et dans les rivières et rend le poisson incomestible pour plus de 30 ans en plus d'affecter la flore et la faune en entier. Également, les fleuves et rivières sont le fruit d'un processus excessivement long exécuté par Dame Nature et constituent les veines du cycle de l'eau. À force de dériver les eaux des rivières, nous perturbons le fragile équilibre cyclique de l'eau et pouvons causer des répercussions encore insoupçonnées, voir irrémédiables.
Deuxièmement, même si nous arnachions jusqu'au dernier petit rapide du territoire québécois pour y construire une centrale, notre capacité de production ne pourrait atteindre qu'un quarantième de la demande américaine. Voulons-nous, en tant que société, devenir la principale valve d'approvisionnement des américains et hypothéquer nos besoins futurs. Je soulève simplement la question...
"Nous n'héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"
Louis Frédéric Prévost

