Monday, October 30, 2006


Le prophète


Ce blog ne passera pas par quatre chemins et se veut clairement mortifiant face à un certain type de personne qui croit avoir le monopole de la vérité, surtout lorsque l'enjeux est l'économie. Ceux qui ont vu le déshonorable Joseph Facal aux Francs-Tireurs en septembre comprendront probablement pourquoi la boucane me sort par les deux oreilles.

Je ne suis ni membre ni partisan de Québec Solidaire, malgré certaines affinités idéologiques et pourtant, j'ai le devoir de me porter à leur défense. Justice doit être rendue.

Dans cette merveilleuse émission animée par le très judicieux Richard Martineau, on montre des images du congrès de fondation du QS avec comme trame de fond une musique russe très "communiste", le tout commenté par un Joseph Facal sombrant dans un discours injurieux face à la gauche québécoise qui selon lui, ne se serait pas "renouvelée" depuis les années '60. Si on suit son raisonnement, des principes comme une meilleure distribution de la richesse, une fiscalité plus progressive ou l'égalité entre les hommes et les femmes seraient tous des principes d'extrême gauche, sans valeur ni fondement. Permettez-moi de m'insurger.

Facal, comme beaucoup d'économistes, se targue d'être disciple d'une science réelle et rigoureuse principalement caractérisée par sa rationalité, qualité bien évidemment absente de tout cerveau moindrement gauchiste. Eux seuls savent concevoir ce qui est bon pour l'économie. Tel un prophète qui montre du doigt le chemin à prendre, l'économiste connaît la vérité. Remettons les pendules à l'heure...

La science économique est tout sauf une science, tout sauf rationnelle. Le petit robert définit le mot "science" comme étant une "connaissance exacte et approfondie (...) fondée sur des relations objectives vérifiables". L'économie ne peut être qualifiée ni d'exacte, ni d'objective. Lorsque l'on entre dans le domaine des transactions boursières et de la spéculation, on en entre également dans le monde de la psychologie, du jeu et du hasard mais surtout, dans le domaine des valeurs. Or les valeurs varient selon les endroits et les classes sociales. La notion même de valeur fluctue d'un individu à l'autre, ce qui enlève toute notion d'objectivité à la science économique, qui devient dès lors un opinion, une conception individuelle de l'esprit.

Québec solidaire, en revendiquant plus d'équité dans les rapports économiques qui nous régissent, ne s'apparente pas, comme le soutient Facal, à l'extrême gauche. Son propos dénote non seulement une lacune énorme face aux idées politiques, mais également un manque de cohérence et un esprit conditionné par une conception unitaire de l'économie. QS ne propose pas un retour au communisme soviétique ni au modèle castriste d'aujourd'hui, mais s'inscrit plutôt dans un vaste mouvement planétaire exigeant plus solidarité et de justice sociale. On reproche également à QS de manquer de maturité, mais le parti à moins d'un an d'existence et continuera à mûrir.

Bref, le regard biaisé de la droite québécoise à sa gauche dénote à la fois du mépris, de l'incompréhension et une bonne dose d'absurdité. Mais le plus désolant dans l'histoire, c'est qu'on continue d'avoir cette perception que seul les gens qui ont des valeurs plus individualistes savent comment articuler une politique économique efficace et concurrentielle. Or, les principes d'une économie plus sociale, plus humaine sont loin d'être incompatible avec le mot prospérité, bien au contraire. Bien que je me définisse plus "de gauche" sur l'échiquier politique, je refuse d'être étiqueter comme tel car cette position traîne avec elle bon nombre de stéréotype auquel je n'adhère pas. Un peu comme si nous étions tous des socialistes, voir des communistes qui voudraient voir les mots "propriété privée", "libre entreprise" et "richesse" rayés de notre vocabulaire.

Solidarité, équité, égalité et coopération ne sont pas des concepts "de gauche". Ils relèvent bien davantage de la notion d'humanisme. Une notion que les Facal de ce monde devraient s'inspirer...

Monday, October 23, 2006

"Es-tu une québécoise PURE LAINE?"

Cette émission est devenue mon remède à ma crise d'identité!


L'émission "Pure laine" raconte l'histoire d'une famille québécoise: Didier, le papa d'origine haïtienne; Macha, la maman des Îles-de-la-Madelaine; et de Ming, la petite fille adoptive de Macha et Didier.

Autour de cette famille typique Montréalaise se développe les débats sur l'identité québécoise et le multiculturalisme au Québec.

Un sujet chaud et risqué? L'émission jongle avec ces thèmes avec humour et citoyenneté!

« Je ne vois pas comment notre famille pourrait être plus authentiquement québécoise. Elle est blanche, jaune et brune - comme un pâté chinois,» dit Didier.

Dans la première scène, Ming essaie d'utiliser des baguettes chinoises et elle n'arrive pas. Lorsqu'elle finit par céder, elle lance les baguettes chinoises sur la table et lâche un gros "Chuis pas capable, cââlliss!" Aussi, elle demande a ses parents: "Est-ce que je suis une Québécoise ou une Chinoise?"

Didier est un professeur dans une école secondaire publique qui tente de s'internationaliser. Il est professeur d'histoire et il enseigne l'histoire du Québec et du Canada! Imaginez la manière dont les élèves ont réagit!
Dans son école, la directrice se dit très accomodantes et respectueuses des cultures et minorités, donc, elle accepte que des élèves rentrent dans sa classe avec un kirpan....et avec la tête voilée. Didier décide alors d'enseigner un cours d'histoire avec une machette attachée à sa ceinture!

Cette "comédie de réfléxion" sur le néo-Québec d'aujourd'hui joue donc sur les préjugés et les stéréotypes que nous (les Québécois/es) faisons parfois trop rapidement sur l'autre (les immigrant/es et néo-québécois). Les différents thèmes passent du multiculturalisme, au féminisme, à l'homosexualité! Il y en a pour tous les goûts!

À suivre sur les Chaînes de Télé-Québec

Thursday, October 12, 2006

Décroissance économique
Un tabou qu'on ne pourra plus éviter très longtemps





Campagne électorale ou pas, les politiciens et nos élites économiques ne cessent de parler projets de développement économique. Que ce soit un nouveau pont, une autoroute, un casino ou des condos, tous les moyens sont bons pour stimuler la croissance de l'économie. Mais celui qui essaie de voir un peu plus loin que l'horizon comprendra vite qu'au rythme où nous allons, il nous faudra un jour ou l'autre parler de décroissance.

Ce concept m'a été transmis par Robert Jasmin, président d'Attac-Québec, lors d'une conférence sur les droits humains. À première vue, il peut paraître farfelu mais en creusant un peu, on réalise vite à quel point la décroissance économique mondiale sera incontournable.

Selon les plus optimistes, si les pays en voie de développement suivent le modèle de développement occidental (et c'est ce qu'ils font) et s'industrialise à "notre façon", il faudrait un minimum de 5 planètes Terres ainsi que toutes les ressources qui viennent avec pour suffire à la demande. Inévitablement, nous devrons intégrer le concept de décroissance énonomique dans notre façon de voir l'économie. Les ressources finiront par manquer et le jeu de la croissance à tout prix devra prendre fin.

Non, ce ne sera pas la fin de l'évolution. Au contraire, en adoptant un tel principe, l'humanité empruntera le chemin du vrai développement, celui qu'on ose qualifier aujourd'hui de "durable". De toute façon, ce ne sera pas un choix, mais une obligation dictée par mère nature elle-même. La diminution de la consommation n'est pas tributaire d'une baisse de la qualité de vie et il sera bientôt temps de détruire les attentes positives qui accompagent généralement les mots "croissance économique".

À bien y penser...

Louis

Sunday, October 01, 2006

L'Immobilisme québécois: À qui la faute?



Cette semaine, la Fédération des chambres du commerce du Québec, dans un élan de désespoir, pleurait le Québec pour sa philosophie de l'immobilisme, froide à tout projet digne de ce nom. Sont pas nombreux, au Québec, les gens avec de l'ambition, disaient-ils. Si on les écoutait, la population ne seraient composées que d'écolos radicaux à la barbe longue prêt à se cadenasser devant n'importe quel bulldozer pour empêcher tout développement allant à l'encontre de nos supposées valeurs "vertes".

Patrons, banquiers, investisseurs, promoteurs, ministres, cette semaine, vous avez enfin saisi l'ampleur de votre incompétence.

Comme exemple, vous prenez le Suroît, le Casino, le pont de Laval, le Mont-Orford. Autant de projet qui ont avorter parce que les barbus n'étaient pas contents, parce que le Québec est frileux, parce que les Québécois sont nés pour un petit pain. Plus rien ne se fait au Québec, n'est-pas Lucien?

Votre larmoiement n'est pas qu'une émotion d'impuissance, il porte le poids de votre nullité. Si vos supposés projets de grandeur ne sont pas réalité aujourd'hui, ce n'est ni à cause de groupuscules environnementalistes, ni à cause du "lobby des pauvres", mais bien en raison de votre totale incapacité à défendre vos projets. Vous avez perdu tous vos débats parce que vous étiez tout simplement à court d'arguments pour justifier vos idées.

Comment expliquer aux Québécois qu'au royaume de l'hydroélectricité, il faut une centrale au gaz?

Comment justifiez le déménagement du Casino si en plus, il faut le construire avec un gigantesque centre de foires payé avec les fonds publics dont la rentabilité n'a jamais été démontrée?

Pourquoi privatiser une partie protégée du territoire québécois?

Pourquoi construire un pont entre Laval et Montréal lorsque la métropole souffre d'un grave problème de circulation en plus d'avoir un transport en commun tantôt vétuste, tantôt inefficace?

La population du Québec n'est pas contre le développement économique. Au contraire, elle n'attend que ça. Mais la moindre des choses est de lui proposer des projets réalistes qui répondent à ses valeurs et à ses attentes. Il est possible de créer de l'emploi et générer de la richesse sans affecter dramatiquement notre environnement. Il suffit simplement de monter aux barricades avec un projet solide et d'avoir des gens qui savent argumenter, débattre et convaincre.

Je crois que lorsqu'ils le veulent, les Québécois sont capables d'une extraordinaire solidarité et ce, autant au niveau social qu'économique. La jeune génération est consciente des défis qui l’attendent et est prête à mettre la main à la pâte. Et pour bâtir les projets de demain, il nous faudra beaucoup d’énergie, mais surtout une élite économique compétente, convaincante et convaincue!

Louis