Wednesday, May 31, 2006


ADIEU
AUX 328 MILLIONS$ AU QUÉBEC
POUR L'ENVIRONNEMENT


La décision est prise, Ottawa a la ferme conviction de ne plus verser les 328 millions que le gouvernement fédéral libéral avait promis au Québec pour l'environnement. Les Québécois/es peuvent dire Bye Bye! à la lutte pour réduire les gaz à effet de serre de concert avec la communauté international à travers le Protocole de Kyoto. Plutôt, le gouvernement Harper préfère favoriser un "plan national" au Protocole de Kyoto pour lutter contre les changements climatiques. La mobilisation de la planète entière contre les CC n'est pas assez pour Harper, il veut les États-Unis, la Chine et l'Inde à ses côté. Où est rendu notre sens de l'initiative?
Un plan national... Comment alors lutter contre les changements climatiques selon les besoin de chaque province lorsque le plan est d'envergure fédéral, par contre, la responabilité tombe aux provinces d'appliquer le fameux "plan national"?


Voici la réponse de notre cher PM conservateur:
«Ce gouvernement encourage les discussions entre le fédéral et les provinces sur les changements climatiques et les programmes qui peuvent améliorer cette situation. Or, si un gouvernement provincial veut prendre certaines décisions, ses propres décisions, dans ses propres champs de compétence, il peut aussi utiliser son propre argent»

Quelle belle manière de décourager une province à lutter contre les changements climatiques lorqu'elle possède déjà la motivation de le faire.



Gilles Duceppe s'insurge: "Ce qu'il (Stephan Harper) est en train de dire aux provinces, c'est : "on va agir comme on veut et vous, qui avez les principales responsabilités d'atteindre ces objectifs, eh bien, vous n'aurez pas l'argent nécessaire". On vient dans les faits de nier le déséquilibre fiscal parce que les responsabilités reviennent avant tout aux provinces.»

Quelle naÏveté que de croire que le Canada est aux premiers rangs des luttes contres les changements climatiques. Quelle deception de voir qu'Ottawa est incapable de prendre des décisions indépendamment des autres, tels que les États-Unis, la Chine et l'Inde.

Il est peut-être réellement temps pour le Québec de se doter d'une indépendance financière. Ou plutôt d'une indépendance tout court.

Cathy

Tuesday, May 30, 2006


BYE BYE BOUCANE!

Y'ÉTAIT TEMPS!

Combien de fois ai-je eu besoin de quitter un bar plus tôt car j’étais littéralement asphyxiée par la présence de boucane autour de moi? Finalement, ce moment tant attendu est arrivé. À partir de demain, grâce au projet de loi 122 du Ministre Couillard, modifiant la loi anti-tabac, nous pourrons savourer nos aliments au restaurant sans qu’ils soient empestés d’odeur de cigarettes, nous pourrons sortir des bars à 3AM en ayant toujours l’odeur de notre shampoing aux concombres dans nos cheveux. Enfin, je n’aurai plus les yeux rouges et la voix roque à la fin d’une fête dans un club. Joie. Il était temps. Je pourrai finalement aller dans un bar en mettant des belles fringues et savoir qu’elles ne dégageront pas l'odeur du fond de ma toilette à la sortie. Je marcherai autour des écoles secondaires et je ne verrai plus de jeunes se partager une smoke sur les terrains de l’école. Lorque je prendrai le taxi, je n’aurai plus à demander au chauffeur d’éteindre sa cigarette car elle me donne la nausée. Surtout, nous ne serons plus empoisonnés pas la cigarette et les habitudes des autres. À bas la fumée secondaire! Un pas vers la santé publique!

J’aimerai partager avec vous un bref paragraphe que j’ai lu dans le journal « La Grande Époque » qui commentait l’évolution à long terme des lois anti-tabac au Canada. La ville de Victoria (en Colombie-Britannique) fut la première ville à instaurer une loi anti-tabac dans les bars et restaurant et : « Dr Stanwyck mentionne qu’un propriétaire de bar à Victoria, le plus hostile à la mise en application du règlement anti-tabac, avoue maintenant que, contrairement à ce à quoi il s’attendait, ses affaires se sont améliorées parce que plus de non-fumeurs sont devenus des clients réguliers et il a remarqué un changement positif dans l’ambiance générale de son bar. Dr Stanwyck affirme qu’un sondage récent de Ipsos-Reid a révélé que le règlement allait chercher la faveur de 90 % des résidents de Victoria, comparativement à 63 % en 1996. »

Combien de fois avons-nous entendu : la cigarette fait aujourd’hui partie de notre mode de vie; fumer est une liberté d’expression; la cigarette représente une partie de notre culture. Ce sont des arguments qui sortent souvent de la bouche des fumeurs (accompagné d’un peu de boucane). Par contre, il est clair que le temps règlera les conflits. Dans 20 ans, nous ne nous poserons même plus la question à savoir si nous pouvons fumer ou non dans un restaurant. Nous éclaterons de rire lorsque nous penserons aux années ou la cigarette était encore permise dans les lieux publics. De la préhistoire!

Cathy

Tuesday, May 23, 2006


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Ode à la banane québécoise


Le débat sur la place des immigrants au sein de la société québécoise fait couler de plus en plus d’encre. Intégration ou assimilation? Accommodement raisonnable?

En tant que Québécoise d’origine chinoise, je ressens le devoir de vous partager une réalité immigrante que beaucoup (surtout les québécois) ont tendance à ne pas voir.
Pourquoi les asiatiques ont-ils tant de résistance à s’engager socialement et politiquement? Que dire alors des enfants des immigrants? Leur en donne-t-on les moyens? Est-ce que l’école favorise l’engagement des jeunes provenant de milieux culturels? Comment obtenir un discours intergénérationnel?

Avant tout, portons un regard plus large sur l’immigration asiatique : Selon Statistiques Canada, la République populaire de Chine, l’Inde, les Philippines, Hong Kong, le Sri Lanka, le Pakistan, Taïwan et le Viet Nam représentaient à eux seuls plus de 40% de tous les immigrants qui sont arrivés au Canada au cours des dix dernières années. Ainsi, le groupe minoritaire visible le plus important était celui des Chinois. Au Québec, nous comptons plus de 110 000 asiatiques, la majorité se réfugiant à Montréal.

Ma famille a fuit la guerre du Viet Nam à la fin des années 1970 pour se réfugier au Canada. En fait, le Canada a admis près de 70 000 réfugiés, comme ma famille, fuyant l’oppression du gouvernement communiste vietnamien.

L’intégration (ou la ghettoïsation) des asiatiques au Canada, au Québec:
Comment expliquer la résistance des jeunes des communautés asiatiques à s’engager socialement et politiquement, tout en prenant en considération que ces enfants de la deuxième génération sont nés au Québec et représentent les enfants de la Loi 101? Pourquoi une quasi-absence d’asiatiques sur la scène politique, publique, artistique?

Une getthoïsation physique et institutionnelle
Un Chinois peut vivre au Québec/Montréal tout en limitant au strict minimum le contact avec la population québécoise. Le phénomène le plus populaire est celui des Cartiers Chinois, où l’on permet à des Chinois de se rassembler entre eux. Toutefois, les Cartiers Chinois ne sont que l’exemple d’une ghettoïsation institutionnelle la plus visible. Il est aussi important de mentionner l’instauration des hôpitaux chinois, marchés chinois, restaurants chinois et lieux de rencontres chinois (gym, association, lieu pour jouer au Mah-Jong, etc.). De plus, la majorité des familles chinoises regardent la télévision en chinois à la maison. Nous avons nos nouvelles, nos soap operas, nos talk shows, notre aérobie du matin tout en chinois à la maison...en d’autres mots, nous avons facilement accès (musique et film), alors pourquoi aller voir ailleurs?
Cette ghettoïsation physique et institutionnelle engendre 2 énormes conséquences :
1) La non nécessité de s’impliquer au sein de la société québécoise pour se faire « accepter » : Pourquoi faire de la politique ou de l’implication communtaire lorsque notre intégration est déjà assurée au sein de la société québécoise? Nous arrivons au Québec et quasiment tous nos besoins fondamentaux sont pris en compte...en chinois!
2) La création des «ghettos » ethniques et raciaux dans les écoles : Naturellement, la ghettoïsation institutionnelle, tel le Cartier Chinois, montre aux enfants chinois à quel point ils sont différents des autres. En effet, combien de fois ai-je entendu ces mots sortir de la bouche des Chinois : « Ne fréquente pas les Québécois. Nous ne mangeons pas comme eux, nous ne fêtons pas comme eux, nous ne parlons pas la même langue, nous n’avons pas les mêmes philosophies de vie. Un jour ou l’autre, votre relation se brisera à cause de ces différences. »

Le rôle des parents
La ghettoïsation institutionnelle et physique des communautés culturelles permet aux parents d’élever leurs enfants dans un monde excluant la culture québécoise et enfermant seulement leur propre culture. Tentons de les comprendre : ces derniers ont quitté leur pays par force et n’ont jamais désiré d’enfants québécois aux yeux bridés. Ils veulent des enfants chinois aux yeux bridés. Point à la ligne.
Evidemment, les parents jouent un énorme rôle dans la création du désir de ghettoïsation chez les enfants. Plutôt, les parents jouent le rôle principal.
Premièrement, les parents chinois encouragent la fréquentation asiatique, i.e., décourage la fréquentation non-asiatique. Par exemple, la majorité des parents asiatiques veulent que leurs enfants se marient avec d’autres asiatiques (sinon, attention, le chum québécois risque de s’essouffler avant de se faire entièrement accepter au sein de la famille, à pied égal à un asiatique, ce qui veut dire, comme un des leurs).
Deuxièmement, les parents font la promotion des valeurs asiatiques au détriment des valeurs occidentales. Ils inculquent à leurs enfants des valeurs asiatiques : de responsabilité, performances, de disciplines et d’études. Surtout, leur vision de la politique se réduit à ceci :
1) Il ne faut pas remettre en question l’autorité
2) La politique, c’est corrompu, trop compliqué, pas en chinois
3) Ma contribution politique se résume à mon emploi et aux $%!@# taxes que je paye à chaque jour
4) Au lieu de t’impliquer en politique, va donc étudier!

La langue
Il est incroyable de lire sur le site de Statistiques Canada que « les immigrants nés en République populaire de Chine étaient les plus susceptibles de déclarer parler une langue non officielle à la maison (88%) et de ne pas être en mesure de soutenir une conversation dans une langue officielle (29%)!
Répétons-le, ça vaut la peine : plus de 25% des Chinois ne sont pas en mesure de soutenir une conversation dans une langue officielle au Québec. Voilà la preuve que la ghettoïsation physique et institutionnelle leur a beaucoup bénéficié!
La langue constitue une grande, sinon la plus grande, barrière à l’intégration des Chinois au Québec. À titre d’exemple, mes grands-parents vivent au Québec depuis 1978 et ne parlent pas le français.
De plus, à la maison, les parents de communautés culturelles obligent leurs enfants à parler leur langue d'origine à la maison, ce qui crée davantage une division entre la vie de l’enfant à l’école et à la maison.

Un fossé gigantesque entre la culture chinoise et la culture québécoise
Ce texte s'intitule "Ode à la Banane" car une Banane est jaune de l’extérieur, mais blanche de l’intérieure, comme plusieurs asiatiques nés au Québec. Nous sommes ni à 100% Chinois car nous ne connaissons pas notre histoire et notre culture, plutôt, nous ne savons que parler et manger chinois; ni à 100% Québécois car nous avons que peu de contact avec cette culture et ses coutumes. Ce duel identitaire devient souvent frustrant, surtout lorsque nous (les asiatiques) sommes constamment plongés dans des stéréotypes : nous sommes des asiatiques ratés et des « chok sing » pour les Chinois; pour les Québécois, nous sommes des immigrants chinois, « l’autre », les êtres aux yeux bridés, les Jacky Chan et compagnie. Nous avons une jambe dans la culture québécoise et l’autre dans la culture chinoise. Accepter de devenir plus québécois afin de mieux s’intégrer équivaut à mettre un X de plus sur la culture chinoise. Et souvent, ce X représente un sacrifice, voir même un conflit interminable au sein de notre famille. Est-ce que les enfants d’immigrants sont prêts à vivre ces sacrifices et ces conflits? Souvent, nous préférons choisir la voie la plus facile : celle du conformisme.

Comment concilier deux cultures opposées au sein d’un même corps? Comment concilier une culture revendicatrice à une culture conformiste? Une culture qui privilège le sens critique à une culture dont l’enseignement interdit de remettre en question l’autorité? Une culture qui prône la liberté, la politique et le dynamisme à une culture qui se base sur la discipline, l’indifférence politique?

Piste de solutions
Les pistes de solutions que j'aimerai proposer portent avant tout sur un changement de nos mentalités...et Dieu sait que ça peut prendre beaucoup de temps!
D’un côté, il est clair que les immigrants doivent encore faire un énorme pas pour assurer une meilleure intégration au sein de la société québécoise, surtout pour que leurs enfants et leurs petits-enfants puissent bénéficier d’un mode de vie qui ne résume pas à l’exclusion...et pour cela, j'ai confiance aux générations futures d'assurer une meilleure intégration à la société québécoise. Par contre, de l’autre côté de la médaille, il est aussi temps que les Québécois cessent de voir les immigrants comme « les autres » et commencent à les voir comme des Québécois comme eux. Il est temps de cesser la division « immigrant » et « québécois de souche » pour enfin comprendre que les immigrants font partie du Québec, tout autant que les Québécois. Tentons de créer une culture québécoise qui rassemble les immigrants plutôt que de les séparer à la culture d’ici. Combien de fois avons-nous entendu dire lors des concerts et des discours « Il y a-t-il des Québécois de souche ici? »? Et à travers ces mots, vous voulez que les immigrants se sentent intégrés?

Il est temps que nous passions d’un discours de chialage, à un discours interculturel où les immigrants se sentiront réellement impliqués au sein des enjeux québécois et où ils sentiront réellement qu’ils pourront contribuer au développement de leur société, celle du Québec.

Cathy Wong

Piste de solutions (suite)

Suite aux pistes de solutions proposées ci-haut, j'aimerais vous faire part d'une idée que l'on pourrait intégrer dans le processus d'intégration. Cette pensée m'est venue lors d'une table ronde auquel j'ai participé sur le dialogue interculturel organisé par l'O.N.G Alternatives il y a quelques semaines. C'est l'intervention d'un Chiliens ayant immigré avec sa famille lorsqu'il était en très jeune âge qui a fait germer en moi une idée. Je m'explique.

Ce Chiliens, bien qu'arrivé au Québec avant l'âge de 10 ans, disait ne pas se sentir Québécois, ni Chiliens. Il a inventé le terme "Chiléquois" pour définir son identité. Malgré cette "superposition" des cultures, je le trouvais magnifiquement adapté à la culture d'ici: français impeccable, confiance en lui, connaissance du Québec, etc. C'est à ce moment qu'il a dit: "La meilleure chose que mes parents ont jamais fait pour moi, c'est de déménager à St-Hubert dans une petite rue où il n'y avait que des Québécois". Pour lui, l'intégration n'a pas été un choix, mais une nécessité, une obligation. Pourquoi ne pas prendre cette situation comme modèle à appliquer en immigration? Si les nouveaux arrivants étaient encouragés à se disperser un peu partout dans le Québec des régions, il n'aurait tout simplement pas la possibilité de se getthoiser entre eux et donc, de se replier sur eux-mêmes et sur la culture locale. Certes, le choc lors de l'arrivée serait plus intense, mais à long terme, ils ne peuvent être que gagnants.

Bref, sans obliger les immigrants à se localiser en région, nous pourrions leur offrir des conditions extrêmement avantageuses, que ce soit des logements décents et à prix modique à Baie-Comeau, des bourses d'études à Chicoutimi ou des emplois à Rouyn-Noranda. Ainsi, par la dipersion, nous faciliterions l'intégration.

Louis Frédéric Prévost

Monday, May 22, 2006

L'approche réaliste de la souveraineté: C'est reparti!






Attristé plus que désespéré. Triste en voyant le mouvement indépendantiste s'auto-lapider sur la place publique. Surtout, de voir que le débat sur la souveraineté a perdu la dernière parcelle de substance qui lui restait. Je m'insurge contre ces querelles publiques portant sur le "J'ai raison plus que toi" et sur "Mes idées sont les meilleurs". Les tenants de l'approche "réaliste" ont raison sur un point: Les souverainistes sont réellement incapables de solidarité. Ayant nagé dans le milieu, je le confirme. Tant d'idéologues, tous ces egos gonflés à bloc, tout ce manque d'humilité. De quoi me faire rougir de honte.

Je reste un souverainiste convaincu. Je ne suis pas Canadiens et le Québec a véritablement tous les attributs d'un pays. Moins assuré, toutefois, que de plus en plus de gens partage mon opinion. Et comment leur en vouloir. Pendant que nous nous divisons publiquement sur les grands débats aussi improductifs et stériles tel que les modalités d'accès à l'indépendance, nous perdons nos militants potentiels. Tous ces jeunes à la recherche d'une cause à porter s'ouvrent au monde et avec raison, refusent de s'aliéner intellectuellement dans un débat sans fin et sans saveur. Dégoûtés par tous ces affrontements fétides, on s'étonne que les jeunes n'ont plus rien à foutre de la souveraineté.

Non seulement nous dégarnissons la cause de ses derniers éléments rassembleurs en ne centrant pas le débat sur avantages indiscutables et effectifs de "naître" politiquement, nous avons acquis au fil du temps une extraordinaire capacité à désavouer les vrais raisons de nos échecs passés. Bien à l'aise autour d'une table à discuter du vote raciste des immigrants aux deux référendums et des manoeuvres sordides du Fédéral à contrer notre projet, les convaincus ont oublié de convaincre. Traitant le moindre élément divergeant de traître à la nation, la cause des insuccès antérieurs est ailleurs. Comme l'autre hôte (hôtesse) de ce Blog l'expliquera plus en profondeur, il est grand temps de comprendre que nous avons notre part de responsabilité dans la cause de notre débâcle chez le vote des communautés culturelles. Qu'a-t-on fait récemment pour les inclure dans ce projet qui peut tout à fait leur aller comme un gant? Nous avons, par l'entremise de notre chef en 1995, blâmé publiquement les "votes ethniques", se vautrant dans les statistiques des pure-laines qui eux, ont vraiment voulu leur pays. Nous leurs rappelons constamment notre frustration à leur égard sans réelle volonté de comprendre pourquoi ils sont si indifférents à notre cause. Nous oublions que, dans bien des cas, les immigrants n'ont pas quitté leur pays d'origine par choix, qu'ils ont souvent dû fuir des conditions atroces et que pour eux, toute révolution politique est un risque immense, voir un non-sens dans un pays comme le Canada qui, aux dernières nouvelles, est leur pays d'accueil (et non pas le Québec).

Me voici donc, encore une fois, au coeur d'un de ces paradoxes qui m'harasse jusqu'au fond des trippes: je fais la promotion (avec passion) d'un projet qui est porté par un mouvement qui va inévitablement se fracasser contre un mur s'il reste sur le chemin de la "séparation" des idées (sans mauvais jeu de mots). Je continue de me battre avec optimisme malgré tout, mais indépendantistes, réveillons-nous! Changeons le discours, allons sur le terrain. Créons des milieux de discussions et de partage d'idées. Orientons-nous autour d'un futur commun, loin de la discordance et des désaccords qui nous divisent. Approchons les communautés culturelles. Expliquons, travaillons ensemble et cessons toutes ces disputes stupides avant de perdre pour de bon le rêve qui nous unit toutes et tous.

Louis Frédéric Prévost

Sunday, May 21, 2006

Accommodement raisonnable : La solution pour le Québec?

Depuis quelques mois, le Québec et le Canada sont plongés dans un débat portant sur les gestes que devraient poser la société pour accommoder les immigrants possédant une culture différente de la nôtre. Que l’on parle du port du kirpan à l’école, de la prière à l’université, du turban au travail, de l’érouv dans la rue, de la non mixité à la piscine ou la charia au tribunal, tous ces exemples démontrent avec éclats le choc culturel que nous vivons en tant que collectivité multiculturel. Par sa doctrine extrêmement flexible, le Canada est devenu aujourd’hui le champion mondial de l’accommodement raisonnable en raison des multiples permissions que les tribunaux ont accordé aux communautés culturelles. Mais peut-on encore qualifier l’accumulation de ces accommodements comme raisonnable? Jusqu’où doit-on tolérer ces accommodements? Quand deviennent-ils contraignants pour la société? Voilà plusieurs questions qui devront être discutées dans un avenir proche si nous voulons éviter de creuser davantage l’écart de perception entre Québécois et immigrants de ce que doit être la vie en société.

L’obligation de la laïcisation

Les détracteurs de la laïcisation de l’espace public québécois se trompent en avançant que cette obligation est discriminatoire et contraire à la liberté de religion enchâssée dans notre constitution et ce pour deux raisons fondamentales. Premièrement, la laïcisation n’est pas « anti-religieuse » en ce sens qu’elle sert à harmoniser la multitude de croyances que l’on retrouve parmi les membres des communautés culturelles. Comme il est évidemment impossible de permettre toutes les pratiques religieuses dans tous les espaces publics, le principe de confiner la religion à la maison ou dans les endroits appropriés est un gage de tolérance et de respect pour les citoyens d’ici. Deuxièmement, le fait « d’accommoder » une religion discrimine nécessairement une autre religion « non accommodée » qui demandera à son tour d’autres compromis. Et personnellement, en tant qu’Athée, je pourrais aussi clamer que tous ces accommodements vont à l’encontre de mes valeurs de laïcité et de non confessionnalité de l’espace public. La laïcisation n’est donc pas un choix, mais une obligation dans une société aussi pluraliste que la nôtre. Obligation de respect pour tous ceux et celles qui croient que la religion n’est pas d’ordre public, et obligations sociétales d’orchestrer les multiples croyances religieuses dans un esprit de tolérance et de cohésion.

Réussir l’intégration

Suivant la logique laïque de l’espace public québécois, jusqu’où devons nous imposer nos valeurs aux nouveaux arrivants? Nul doute qu’il y a un prix culturel à payer en venant s’installer au Québec. L’immigrant qui choisit le Québec comme terre d’accueil doit immanquablement renoncer à certains principes et habitudes qui viennent en contradiction avec nos mœurs locales. Par exemple, il serait intolérable qu’au nom de la liberté de religion, de nouveaux arrivants rejettent du revers de la main les fondements même la société que nous avons bâtie, surtout ceux qui mettent de l’avant les libertés individuelles et l’égalité entre tous. Pour que l’intégration soit réussie, l’immigrant doit donc renoncer à une partie de sa culture d’origine et ce n’est pas en poussant la logique du multiculturalisme à l’extrême (l’Ontario a presque permis la charia) et en accommodant les nouveaux arrivants de toutes les façons possibles que nous allons faciliter leur intégration. Au contraire, c’est en encadrant et - n’ayons pas peur du mot – en restreignant certaines pratiques qu’à long terme, les immigrants finiront par se sentir aussi Québécois que ceux dits « de souche ».

Prendre le contrôle

La société doit donc prendre tous les moyens pour résister aux accommodements « raisonnables » qui remettent en cause nos valeurs les plus fondamentales. Malheureusement, le peuple est bâillonné dans ce débat. Il appartient plutôt aux tribunaux d’interpréter les demandes d’accommodement au cas par cas et plus souvent qu’autrement, en raison des principes de nos chartes, ils vont se soumettre aux demandes des groupes minoritaires, demandes qui, soit dit en passant, proviennent presque exclusivement des factions les plus radicales de ces groupes. Le peuple, par l’entremise de ses institutions parlementaires, doit donc modifier sa charte en tempérant le principe de la liberté de religion et doit, si cela est nécessaire, incorporer et encadrer le principe de l’accommodement raisonnable dans sa constitution. Ainsi, nous pourrons vivre dans un monde pluraliste, respectueux des différences et qui acceptent la diversité tout en intégrant, surtout à l’école, les immigrants et enfants d’immigrants de façon à ce qu’il comprenne qu’au Québec, la religion droit rester une affaire d’ordre privée. Au risque de paraître alarmiste, nous devons agir rapidement avant que notre mollesse finisse par avoir raison des assisses qui font qu’il est bon vivre au Québec.

Louis Frédéric Prévost

Saturday, May 20, 2006


Mythes sur l'énergie hydroélectrique québécoise


Le 16 mai dernier, j'ai assisté à une conférence donnée par M. Jean-François Blain, analyste en énergie et auteur de plusieurs documents touchant l’avenir et la sécurité énergétiques du Québec. Lors de son allocution, M. Blain a voulu mettre à jour certains mythes entourant la consommation d'énergie au Québec. Plusieurs conceptions erronées ponctuent le débat québécois sur notre futur énergétique et il est essentiel de faire la lumière sur ces aspects qui "distorsionnent" la perception publique à ce sujet.


Le Québec: Importateur d'énergie?

Combien de fois avons-nous entendu la justification de construction de nouveaux barrages dans le nord du Québec par le besoin incessant d'Hydro-Québec d'importer de l'électricité pour subvenir aux besoins énergétiques des Québécois? Comme l'a dit M. Blain, le Québec a dû importer de l'électricité qu'une seule fois dans toute son histoire lors de l'été 2003-2004 pour contrer un risque de rupture de stock. Or, cette année-là, suite à un été très sec et un hiver extrêmement rigoureux, le niveau de l'eau des barrages n'avait jamais été aussi bas et Hydro-Québec n'a pas eu le choix d'acheter de l'énergie dispendieuse pour être certaine d'avoir la capacité de fournir ses clients. Cependant, le cause d'une éventuelle pénurie n'était pas le manque de puissance totale des barrages, mais bien le niveau d'eau dans ses réservoirs. C'est donc le manque de diversité dans le mode de production énergétique au Québec qui fut le réel problème et non le manque d'infrastructures hydro-électriques. D'ici 2009, Hydro-Québec pourra bénéficier d'une marge de manoeuvre énergétique de 20 Tw/H par rapport à la demande québécoise et ce, seulement avec les projets énergétiques déjà autorisés. Prenez-en bonne note: Le Québec n'a pas à importer de l'électricité.

Les tarifs d'électricité sont subventionnés

Hydro-Québec nous vendrait-elle son électricité à perte? Payons-nous un prix qui n'évoque pas celui du marché? Devons-nous, comme nous l'entendons souvent, augmenter les tarifs pour mieux refléter le coût réel de l'électricité? Deux raisons font en sorte que nous devons répondre non à ces questions mais d'abord, examinons de plus près les obligations d'Hydro-Québec face à ses clients locaux. En territoire québécois, la division production d'Hydro-Québec qui dispose d'une capacité de production d'environ 197 Tw/h n'a qu'une obligation de fournir de seulement 178 Tw/h à l'égard des obligations monopolistiques de sa division Distribution par rapport à une demande annuelle de 185 Tw/h. C'est donc dire qu'environ 19 Tw/h sont "libérés" de tout obligation à l'égard de ses clients québécois et mis en disponibilité pour revente à la discrétion de ses actionnaires dans les marchés de son choix. Pour palier au 7 Tw/h manquant (malgré sa capacité à les fournir), Hydro-Québec procède à des appels d'offre et doit acheter son électricité jusqu'à 8.8 sous le Kw/h (comparativement à son propre coût moyen de production avoisinant les 1.9sous le Kw/h). Cet achat à coût élevé est souvent utilisé comme argument pour la construction de nouvelles centrales, mais on oublie souvent de dire que cet achat n'est pas nécessaire.

Conséquemment à cela, le Québec a hérité de faibles tarifs d'électricité et ce pour 2 raisons. Premièrement, nous avons choisi il y a quelques décennies d'investir dans l'hydro-électricité plutôt que dans d'autres sources d'énergie, ce qui a nécessité d'énormes investissement au départ. Aujourd'hui, les coûts ont presque tous été amortis, les barrages peuvent tenir encore très longtemps et leur coût d'exploitation régresse année après année. Il est donc approprié de dire que les revenus d'Hydro-Québec sont croissants tandis que ses coûts décroissent. Ensuite, on s'empresse de nous rapeller à quel point nous sommes gâtés de bénéficier d'un gel des tarifs ou d'augmentations minimes. La véritable aubaine serait plutôt une baisse des tarifs plutôt que leur maintien! Deuxièmement, nous avons fait le choix collectif de nationaliser l'électricité, ce qui évidemment nous donne la chance d'avoir des tarifs avantageux. D'autant plus que c'est notre argent qui a servi à la conception d'Hydro-Québec. Nous pouvons bien, en tant que propriétaire et parce que nous avons fait de bons choix par le passé, bénéficier d'une facturation faible et adéquate. Et il ne faudrait pas oublier que malgré les tarifs les plus bas au monde, Hydro-Québec réussit tout de même à générer des profits de milliards de dollars à chaque année. C'est un pensez-y bien!

Le Québec a un potentiel illimité

Je me rappelle entendre l'ex Premier Ministre du Québec, Bernard Landry, mentionner que le Québec devrait faire d'Hydro-Québec une "machine à imprimer de l'argent". Après tout, l'immensité de notre territoire ne nous permet-elle pas de construire des dizaines d'autres centrales et ainsi exporter notre énergie propre aux américains et ainsi sauver la planète des ravages de la pollution atmosphérique due à la production d'énergie? Il n'en est rien. Premièrement, l'Hydro-électricité, malgré sa bonne réputation, n'est pas une énergie si "verte" que l'on croit. La construction d'une centrale s'accompagne de déversement de mercure dans les terres inondées et dans les rivières et rend le poisson incomestible pour plus de 30 ans en plus d'affecter la flore et la faune en entier. Également, les fleuves et rivières sont le fruit d'un processus excessivement long exécuté par Dame Nature et constituent les veines du cycle de l'eau. À force de dériver les eaux des rivières, nous perturbons le fragile équilibre cyclique de l'eau et pouvons causer des répercussions encore insoupçonnées, voir irrémédiables.

Deuxièmement, même si nous arnachions jusqu'au dernier petit rapide du territoire québécois pour y construire une centrale, notre capacité de production ne pourrait atteindre qu'un quarantième de la demande américaine. Voulons-nous, en tant que société, devenir la principale valve d'approvisionnement des américains et hypothéquer nos besoins futurs. Je soulève simplement la question...

"Nous n'héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"
-Antoine de Saint-Exupéry


Louis Frédéric Prévost